Ma dépression : mon chemin vers le bonheur ?

Depuis longtemps, très longtemps (peut-être dès ma naissance) je suis à la recherche de moi-même.

C’est d’abord la pratique du yoga à 16 ans et ce pendant 5 ans qui a commencé à me montrer une voie de connaissance intérieure. Puis la vie a continué … j’ai travaillé dans le domaine du handicap physique, puis comme éducatrice en psychiatrie. Ces expériences professionnelles m’ont aidée à mieux me connaître et ont fait naître de nombreuses questions. Quel est le sens de la vie ? Mes connaissances sont-elles réelles ou sont-elles juste une interprétation ? Comment vivre de la façon la plus harmonieuse, la plus juste … ?

J’ai eu aussi 2 enfants qui m’ont permis de réfléchir aux lois sociales, aux habitudes, aux devoirs, à la norme, à la normalité, à la vie. Ils m’ont ainsi aidée à me positionner.

Durant cette quinzaine d’années, j’ai découvert divers outils de développement personnel qui m’ont permis d’évoluer intérieurement ; notamment l’ennéagramme, le be-happy, la sophrologie,la sophro-analyse, la pnl …

Je vivais donc en me posant des questions et en cherchant comment y répondre de la façon la plus juste pour moi.

C’était surtout des questions intellectuelles qui appelaient des réponses intellectuelles. Mon cerveau fonctionnait énormément et trouvait des solutions aux divers « problèmes » que je rencontrais. J’arrivais ainsi à m’adapter au monde tel que je le percevais, tel que je le ressentais. J’étais ainsi « adaptée socialement», contrairement aux adultes que j’accompagnais en psychiatrie. Cela avait, alors, un côté rassurant.

J’exerçais depuis 4 ans comme sophrologue-analyste, je me sentais profondément heureuse, j’allais fêter mes 40 ans …, et suite à un évènement soudain créant une peur courte et intense, il y eu comme un court-circuit dans mon cerveau.

Dépression, mon chemin vers le bonheur ?

Je ne me souviens que de brides des semaines et mois qui ont suivi. En effet, je ne pensais plus, je ne me souciais plus, je ne planifiais plus, je me sentais comme anesthésiée, Cette découverte eut un côté agréable, apaisant. Par contre je ressentais des angoisses vis-à-vis de la société, du monde.

J’ai ainsi perdu tous mes repères, tout ce qui me permettait d’occuper la place que je m’étais faite dans cette vie.

J’ai vécu ces mois avec le recul d’une thérapeute qui sait qu’elle en ressortira grandie. J’ai donc vécu chaque jour « complètement », en essayant de laisser la place à ce qui devait se faire. Pour cela, j’ai été accompagnée, de façon très rapprochée, par mon médecin homéopathe, qui m’a accueillie telle que j’étais, qui m’a laissé le temps pour vivre ce moment important. Car le comble, c’est que je ne voulais aucun soutien thérapeutique !

En effet, je ressentais très fortement le besoin de vivre cette période sans contrôler, sans me dépêcher, comme je le faisais jusqu’alors. J’avais besoin de temps, d’intégrer ce qui était en train de se passer même si je n’avais aucun mot à mettre dessus.

Voilà 1 an que cette aventure a commencé et l’occasion de faire le point m’est proposé par Arnaud Guétcheu du blog TERRES DE REPOS sur le thème de « Ce qui a boosté mon cheminement » qui participe à l’événement À la croisée des blogs.

La marche n’est pas encore terminée, je continue mon chemin. Malgré le manque de recul face à cet évènement, je peux dire, de façon certaine aujourd’hui, que ma dépression m’a réellement propulsée dans mon cheminement intérieur. Elle m’a permis de vivre concrètement une grande partie de ce que j’avais pu comprendre et apprendre auparavant, en particulier le lâcher-prise. J’ai intégré des données que je pensais acquises et que j’enseignais.

Cette dépression m’a aidée et autorisée à “déconstruire » ce que j’avais édifié durant les 40 premières années de ma vie, et qui faisait la personne que j’étais alors. Ce moment a été déstructurant, déstabilisant, désorientant. Mes convictions, mes certitudes, mes priorités, mes objectifs, mes attentes, mes besoins sont chamboulés et certains semblent périmés. Cela a créé une sensation de vide intérieur. Une expérience que j’ai appris à apprécier en laissant de la place à du possible, à d’autres acceptables, admissibles, concevables, envisageables, éventuels …

J’ai pu, ensuite, commencer à faire du tri, à choisir ce que je souhaitais garder ou non. Et ainsi la possibilité à d’autres choix d’émerger, des choix plus en accord avec mes désirs profonds. Tout ceci est long à se mettre en place, et peu importe, car le plus important est d’oser son bonheur dans le quotidien.

Je peux affirmer que cette dépression a été le déclencheur d’un nouveau processus de maturation. C’est elle, qui, pour l’instant, m’a guidée le plus puissamment vers mon bonheur, un bien-être et une joie profonde.

 

Dépression, mon chemin vers le bonheur ?

 

Vous pouvez partager, via les commentaires, ce que peut apporter une dépression.

6 thoughts on “Ma dépression : mon chemin vers le bonheur ?

  1. Waoua !! Et bien voilà une expérience en effet très riche d’enseignement ! Au coeur du chaos le renouveau, tous les possibles… Mais dans ton témoignage, rien, à mes yeux, ne sonne « dépression » avant de voir arriver le mot dans l’article… A méditer… Es-ce toi qui a posé ce mot là dans ton « diagnostique », ou serait-ce autrui ?

    1. Tu te poses la question du « diagnostique », oui médicalement parlant ce serait une dépression. Je n’ai utilisé ce mot que ces dernières semaines, car, avec le recul je pense que j’avais vraiment les symptômes physiques et mentaux d’une dépression. Auparavant je ne disais rien, je ne posais rien, je ne cherchais rien, je ne diagnostiquait rien. Je vivais ce qui se présentait avec la certitude qu’il s’agissait d’un moment unique, grand et exceptionnel.
      Le plus important est ce qui se passe à l’intérieur de soi et j’espère que le partage de cette expérience puisse éclairer ceux qui vivent une dépression.

  2. Bonsoir Emmanuelle, je connais les questions intellectuelles et leur réponses intellectuelles, ça a été mon quotidien pendant un grand moment.
    Aujourd’hui, j’ai fait un grand ménage de tout ça.
    Plus de questions, la Vie ici et maintenant et d’accord avec toi, le plus important est d’oser son bonheur au quotidien, c’est notre devoir par Amour pour nous.

    zenie

  3. Bonjour Emmanuelle,

    Voilà une histoire qui m’intrigue énormément.

    Je ne peux comprendre comment, en te sentant épanouie dans ta vie, tu te sois retrouvée confrontée à cette situation…

    La façon dont tu vis cette expérience est remarquable en tout cas et je pense qu’on ne peut que t’admirer car la théorie est une chose, la pratique en est une autre.

    Je parlais récemment des cycles d’alternance croissance et décroissance qui sont normaux et que nous nous devons d’accepter. Mais je trouve que dans ton témoignage, ça a été brutal sans véritable raison. La vie a dû « sentir » que tu étais prête à accepter une souffrance peut-être obligatoire pour atteindre une paix plus profonde.

    En te lisant, je me dis que ça pourrait nous arriver à tous. Pourtant, j’ai bien du mal à y croire !

    Dans tous les cas, expérimentons chaque instant comme un cadeau car c’est cela qui fait notre force et qui nous fait grandir.

    Bien amicalement,
    Dorian

    1. >
      Tu as raison, la veille de cet évènement on m’aurait dit ce qu’il allait se passer, je n’y aurai pas cru.

      Le fait d’être thérapeute m’a permis de continuer à vivre malgré ce tsunami, sans cela, je ne serai probablement plus sur terre.

      Je pense, en effet, qu’il était nécessaire que j’aille bien dans ma vie pour pouvoir et « vivre » et « accepter » cette déconstruction intérieure.
      D’ici 6 mois à 1 an, j’aurai un regard plus large, plus subtil sur cette période charnière de ma vie. Car aujourd’hui, je termine juste l’étape de déconstruction, il me reste encore à trier, à nettoyer, et à RECONSTRUIRE !
      Et tu as raison, cela m’ouvre à quelque chose d’encore plus grand et plus serein !
      Merci pour ton partage
      Emmanuelle

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